D’aussi loin que remonte sa mémoire Frank Girard avait le désir d’être peintre. Enfant il croyait au coup de génie immédiat. Personne ne lui avait expliqué qu’il fallait beaucoup travailler.
Et puis un jour en passant à Calais il découvre la sculpture des ” Bourgeois ” de Rodin. L’émotion fut immense.
A la suite des bouleversements de ” mai 68 “, il cherche sa place. Il est souffleur de verre, potier et il vit dans une communauté religieuse, pour enfin se souvenir des ” hommes de bronze ” de Calais :
“Avec la clef que je leur ai volée, j’essaie d’entrer dans le monde mystérieux du vivant minéral, du mouvement immobile, du déblayage de la voie qui mène à soi-même.”
C’est en 1978 qu’il commence la sculpture en autodidacte et il a le sentiment « d’arriver à la maison ».
Mais un accident à la main gauche, l’oblige à choisir la souplesse de l’argile et à renoncer aux sculptures de grandes dimensions.
” Voilà une œuvre de terre et de bronze qui emprunte mille et un chemins pour dire et redire la solitude, le silence, l’attente, la longue patience de la vie et l’espoir chevillé à l’âme envers et contre tout. Une humanité en chemin qui se cherche, s’égare et se trouve parfois dans un fragile tête-à-tête amoureux. Sculpture après sculpture, dessin après dessin, un langage s’élabore qui dans sa singularité même rejoint l’universelle question du sens de l’existence au-delà des turbulences et tribulations que la vie inflige au quotidien. Au-delà des mots et des discours dire la lutte sans fin contre l’ostensible absurde de la vie et encore et toujours cette inlassable quête de la lumière par-delà nos ténèbres.”
L’artiste transmue l’anecdote en mythe, le banal en éternel.
Son travail a été essentiellement présenté dans des galeries d’art en France : Paris, Lyon, Strasbourg, Dieulefit, Saint-Jean-de-Luz et son atelier à Crest dans la Drôme … en Suisse, Norvège, Pays-Bas et Belgique où la galerie Frans Vanhove de Louvain présente son travail en permanence.